mercredi 31 mars 2010

Salonique pendant la campagne d'Orient en 1917

Carte postale souvenir de Salonique envoyée en avril 1917 par un militaire français de l'armée d'Orient, 4e compagnie, 16e division coloniale, secteur 517.
Devant la douane, un navire-hôpital est à quai. (collection Adhémar)
En agrandissant la photo, on peut lire sur la coque, à côté de la croix, l'énigmatique ELSIE.
Nous n'avons pas su retrouver ce qu'était ce navire-hôpital. L'un de nos lecteurs saura
peut-être nous le dire?

Remarque par Gilles B :
En fait, le drapeau qui figure à côté du nom Elsie sur la coque ne semble pas être celui de la Croix Rouge. Il ne s'agirait donc pas d'un navire-hôpital. Le drapeau fait plutôt évoquer le pavillon suèdois. Il pourrait alors s'agir de Elsie dont voici la chronologie :
1882 : lancé sous le nom de Trelyon pour Hain SS Co par J.Readhead à South Shields,
1895 : acquis par Cairn Line, renommé Cairnlyon,
1912 : acquis par l'armement suèdois Anglos, renommé Elsie. S'ensuivent différents changements de propriétaires qui ne modifient pas le nom du navire.
12 novembre 1939 : échoué au large de Terschelling.

Que faisait Elsie à Salonique en 1917 ? Peut être un transport pour la croix Rouge sous affrétement ?

Selon Georges Icard,
il pourrait s'agir également de l'ancien navire britannique Lady Hudson-Kinahan, lancé le 5 septembre 1891 par Ailsa à Troon et qui porta le nom de Elsie de 1914 à 1919. Merci à Georges de cette information.

Hommage philatélique aux marins de la Jeanne

Timbre dessiné par Michel Bez (peintre officiel de la marine),
et gravé par Claude Jumelet (édité en novembre 2009)

mardi 30 mars 2010

Princess Marguerite et Segwun

Le car ferry Princess Marguerite
Au début du vingtième siècle, la Canadian Pacific Railway fonde la Princess Line qui atteindra vite 32 vapeurs en service sur la côte ouest de l'Amérique du Nord. La plupart de ses liners servirent sur la fameuse "triangle Route" entre Vancouver Island et Victoria au Canada et Seattle aux USA. SS Princess Marguerite (1925) et SS Princess Marguerite II (1948), présenté sur le timbre ci-dessus dans les années 1975, furent les plus fameux de ces petits liners de luxe.
After 1900, the Canadian Pacific Railway (CPR) built up its Princess Line, the pride of the Pacific Northwest coastal service, to a fleet of 32 steamships. Most Princess Liners plied the famed “Triangle Route” between Vancouver, Victoria, and Seattle, but some sailed north, servicing isolated ports on Vancouver Island and the British Columbia mainland all the way to the Alaska Panhandle. The SS Princess Marguerite, built in 1925, and the SS Princess Marguerite II, built in 1948, were the most famous of these small luxury liners. (source History link)

Le Royal Mail Ship RMS Segwun est le plus ancien vapeur encore en service en Amérique du Nord. Il a été construit en 1887 pour le service du lac Muskoka dans l'Ontario. Il continue à balader des touristes sur le lac dont il est la meilleure attraction.
RMS Segwun is the oldest operating steam driven vessel in North America, built in 1887 to cruise the Muskoka Lakes in the District of Muskoka, Ontario, Canada.

La gare maritime de Cherbourg

Cherbourg: la nouvelle gare maritime dans les années trente (collection Adhémar)

Cherbourg s'impose comme un port de passage où l'on embarque et on débarque. En 1894, une tente est édifiée sur le quai de l'ancien arsenal; puis on amène le chemin de fer sur place afin de transporter passagers et courrier vers Paris dans un délai minimum. Enfin, en 1905, Cherbourg possède un semblant de gare maritime avec un appontement et un baraquement en bois.
Ces infrastructures se révèlent rapidement insuffisantes, si bien que dès 1907 la chambre de commerce réfléchit à un nouveau projet qui voit le jour en 1912: l'appontement est prolongé de 125 mètres, offrant une superficie d'accueil de 3000 mètres carrés où une vraie gare maritime va être construite. Cherbourg connaît alors un essor qui le place au 3e rang des ports français, derrière Marseille et Le Havre. La gare est une incroyable ruche où, en une journée, transitent jusqu'à 1500 passagers et 600 000 sacs.
Il faut attendre 1928 pour que soit décidée la création de l'actuelle gare maritime (12 000 m2 au sol pour un bâtiment de 280 m de longueur et 42 de largeur, surmonté d'un campanile culminant à 70 m. A ses pieds, le quai de France va devenir l'un des plus modernes au monde, doté de neuf portiques mobiles avec des passerelles à paliers variables qui permettront de débarquer les passagers directement dans la gare. A côté se trouve le hall ferroviaire, tout aussi monumental, capable de recevoir simultanément quatre trains. L'ensemble est inauguré par le président Albert Lebrun le 30 juillet 1933 lors de festivités nationales. (Gérard Destrais dans L'express)

lundi 29 mars 2010

Les farces de Kerkadec et d'Yvon Pescadou à bord de La Melpomène

Kerkabec et Yvon Pescadou sont des farceurs, héros de belles pages publiées dans Le petit journal illustré de la Jeunesse. Celle-ci, parue en 1908, apporte une conclusion à une succession de blagues et d'avanies dont ils se rendirent coupables.

Image 1 : raconter toutes les farces qu'imaginèrent ces deux pendards de Kerkabec et Pescadou serait chose impossible. N'eurent-ils pas l'idée, un soir, de ligoter un douanier dans sa guérite et de le suspendre à la balustrade d'un pont ?
Image 2 : N'imaginèrent-ils pas encore de faire rouler sur une rue en pente des voitures de déménagements ?
Image 3 : Mais tout a une fin, et l'heure sonna pour les terribles farceurs de rentrer à bord de la Melpomène*. Quel ne fut pas leur étonnement de voir toute la frégate pavoisée et d'être accueillis par des salves d'artillerie ?
Image 4 : Tout ce joyeux branle-bas n'était pas en l'honneur des deux chenapans. Au contraire, le commandant les fit comparaître devant lui et leur dit d'un ton sévère :
Image 5 : Ah! ah! mes gaillards, j'en ai appris de belles sur votre compte, et j'ai bonne envie de vous envoyer coucher à fond de cale, les fers au pied.
Image 6 : … Mais nous venons de recevoir la nouvelle d'une glorieuse victoire : l'armée française a pris Sébastopol**, et, à cette occasion, toutes les punitions sont levées. Il y a fête à bord : allez vous réconcilier avec vos amis gendarmes, que nous avons recueillis sur la bouée où vous les aviez abandonnés.

*La frégate La Melpomène, construite à Rochefort en 1883. Elle était navire-école des gabiers. En 1893, elle embarque les éléves de la marine marchande jusqu'en 1904. Elle servit ensuite à divers usages et a été détruite à Lorient en 1940.
C’est la dernière frégate « pure » de la Marine nationale. Elle est issue d’un projet de frégate d’instruction de 1883. Cette frégate porte 1768 m² de toile. La grand’voile fait 312 m², le grand hunier 299 m², le grand foc 186 m², la brigantine 191m². La Melpomène fait 53m de long sur 14m au mètre-bau. Son tirant d’eau est de 6,75m. Le grand-mât fait plus de 50m. Elle déplace 2000 tonnes. Plus de détails…

** Le siège de Sébastopol est l'épisode principal de la Guerre de Crimée. Pénible et meurtrier, il dura onze mois, du 9 octobre 1854 au 8 septembre 1855. (Wikipedia)

Paquebots, voyages & littérature...


Vous aimez les paquebots, les voyages, la littérature ? Vous apprécierez certainement le blog débarcadères qui propose textes et magnifiques dessins.

vendredi 26 mars 2010

Angelica à quai à Brindisi

Le vapeur Angelica à quai à la gare maritime de Brindisi
Angelica, piroscafo in porto, stazione marittima, Brindisi
SS Angelica alongside the quay of the passenger station of Brindisi
Qui connaît ce vapeur ? Who knows this steam ship ?

RÉPONSE par Gilles B.:

Il s'agit du ferry Princess Adelaide, construit à Glasgow en 1910 pour les lignes de Colombie britannique de la compagnie Canadian Pacific dans sa série des "Princess". Il fut vendu en 1949 à la compagnie grecque Typaldos pour sa liaison Brindisi - Le Pirée. Il resta 19 ans dans la flotte de la compagnie avant d'être vendu à la démolition en Italie en 1968.

La flotte allemande se met à l'abri dans le canal de Kiel

Guerre 1914-1915 (on ne savait pas à l'époque où cette carte a été éditée qu'elle durerait encore trois ans!) - La flotte allemande se renferme dans le canal de Kiel (inauguré 25 juin 1914 par Guillaume II), ne cherchant nullement à affronter celle des Alliés.
German fleet is confining itself in the canal of Kiel, not having the last intention to affront
the allies. (archives Adhémar)

En effet, à cette époque (après l'entrée en guerre de la puissante Royal Navy), la K.u.K. Kriegsmarine (les Austro-hongrois) s’en tient à la « stratégie de la flotte en vie » : elle reste dans ses ports, obligeant ainsi la flotte alliée à concentrer ses forces à proximité pour exercer une surveillance. Mais la guerre allemande continue sous la mer grâce aux U-Boote qui mettront en péril la domination maritime britannique.

jeudi 25 mars 2010

Général Dufour sur le lac Léman

Général-Dufour au large du quai des Eaux-Vives de Genève (collection Adhémar)

Général Dufour (du nom d'un général de l'armée suisse) était un bateau de la compagnie générale de navigation sur le lac Léman (CGN). Bateau à vapeur et à roues à aubes, il a été construit en 1904 par Sulzer frères à Winterthour. Il entre en service en 1905 comme son sister-ship Montreux. Un pont en métal lui est ajouté en 1921 sur le pont supérieur. Affecté à la réserve dès 1929 à cause de sa trop forte consommation de charbon, il est révisé en 1922. En 1932, le vitrage du pont supérieur est allongé, afin de mieux protéger les passagers. Il est finalement immobilisé en 1939, puis loué à la distillerie de Morges pour fournir de la vapeur. En 1944, il coule à moitié (l'eau est entrée par les hublots laissés ouverts) et n'est remis en service qu'en 1954. Il navigue jusqu'en 1965. Stationné dans le chantier naval d'Ouchy (port de Lausanne et siège de la CGN), il est finalement démoli en 1977.

Corvette Le Revenant à l'Ile de France en 1808 par Gustave Alaux

Corvette Le Revenant à l'Ile de France (île Maurice) en 1808
par Gustave Alaux (peintre de la Marine)


Gustave Alaux est un peintre français né à Bordeaux le 21 août 1887, mort à Paris le 27 février 1965. Sociétaire du Salon des artistes français, il y a exposé à partir de 1913, obtenant une médaille d'argent en 1920 et une médaille d'or en 1927. Les sujets de ses peintures se rapportent généralement à l'histoire maritime et coloniale. Il a été peintre officiel de la Marine en 1926.

C'est le corsaire Robert Surcouf qui fit construire en 1806 à Saint-Malo la corvette Le Revenant. corvette qui participa à la bataille de Grand-Port, sous le nom de Victor. Ce trois-mâts de 20 canons (14 de 32 livres, 6 de 8) avait été armé pour la course et filait ses 12 nœuds. Il arrive à l'Ile de France (actuelle île Maurice) le 10 juin 1807, accompagné de plusieurs prises faites en cours de route. Il chasse dans le golfe du Bengale de septembre 1807 au 31 janvier 1808. Surcouf y capture les navires de commerce du riz Trafalgar, Mangles, Admiral Alpin, Susannah Hunter, Success, Fortune, New Endeavour, Colonel Macauley, William Burroughs, Oriente et Jean Labdam. Son commandement passe ensuite à Joseph Potier qui, en deux campagne, capture une vingtaine de vaisseaux dont Conceçao, un portugais de 34 canons. Il est réquisitionné pour la Royale et la défense de l'île par le gouverneur Decaen. Renommé Iéna et commandé par le lieutenant Morice, il croise dans le golfe persique et le golfe du Bengale. Le 8 octobre 1808, au large des bancs de sable du delta du Bengale, il est pris en chasse par HMS Modeste de 44 canons, commandé par le capitaine George Elliot qui le poursuit neuf heures. Après deux et demie de combats, Iéna démâté baisse les couleurs. Réquisitionné par la Royal Navy et réaménagé en sloop de 18 canons sous le nom de HMS Victor, il est commandé par Thomas Grout puis par le capitaine Edward Stopford. Le 2 mai 1809, il quitte le delta du Bengale à la tête d'un convoi de cinq East Indiamen (de gros navires de commerce fortement armés) et de plusieurs plus petits bateaux. Le 24 mai, une tempête éparpillent les vaisseaux du convoi. Streatham et Europe (deux des Indiamen) sont capturés le 31 mai. Le 2 november 1809, Victor est pris par la frégate Bellone de 44 canons, commandée par Guy-Victor Duperré. Reprenant son nom de Le Revenant, elle rejoint la défense de l'Île de France, attaquée par une escadre britannique. A la bataille de Grand Port, il sert de navire de soutien aux vaisseaux de ligne français bien plus fortement armés. Les 17 et 18 septembre 1810, avec Vénus, ils capturent HMS Ceylon de 40 canons. Vénus et Ceylon furent très atteints dans le combat et le lendemain saisis par une escadre composée des HMS Boadicea, HMS Otter et HMS Staunch. Le Revenant parvient à s'échapper mais sera de nouveau prisonnier des Anglais à la chute de l'île le 3 décembre 1810. Il ne reprendra jamais de service.


mercredi 24 mars 2010

La gare maritime de Dieppe

Nous avons déjà publié un article sur la ligne Dieppe New-Haven et les vapeurs qui la déservaient. Voici une autre vue de la gare maritime de Dieppe à la fin du XIXe siècle, avec probablement le vapeur Tamise à l'arrivée.

lundi 22 mars 2010

Paquebot De Grasse de la CGT

De Grasse, paquebot de la Cie générale transatlantiqueCarte postale envoyée lors d'une escale à Trinidad sur la ligne des Antilles (sans doute en 1952-53 ?). (collection Adhémar)

Pour un résumé de la vie tumultueuse (et les caractéristiques techniques) du paquebot De Grasse / Empress of Australia / Venezuela, se reporter à la fiche technique sur le site de l'association French Lines.
Il en est des navires comme des hommes, certains ont des vies particulièrement riches en événements. Le paquebot De Grasse est de ceux-ci. Sa carrière de près de quarante ans, sous le pavillon de trois nations, émaillée d'une guerre mondiale, de plusieurs transformations et de deux naufrages en a fait un navire exceptionnel. Voir De Grasse de Gilles Barnichon, traduit par Pierrick Roullet.
The lives of some men can be specially rich of events ; it's the same for ships. The french liner De Grasse had one of these eventful careers. For nearly 40 years, under three different national flags, she went through one world war, several conversions, sales and two sinkings. This book is the full tale of the many lives of this british-built liner, made famous by the French, popular with her owners and passengers until her very end. Superbly illustrated with many photographs from archives, historical branches of several navies and some private collections, it covers the exceptional story of the liner which reopened the post-war French Line Transatlantic service in 1947, before becoming Empress of Australia and, later, Venezuela… (both french and english edition)

Elise, navire à aubes et voiles auxiliaires sur un sous-bock

Elise (vers 1840), navire à aubes et voiles auxiliaires sur un sous-bock Artois. Série reproduite d'après les collections du musée national de Marine d'Anvers. (collection Adhémar)

1816 : Première traversée de la Manche (en 17 heures) entre New Haven et Le Havre par un navire à vapeur qui portait le nom d'Elise. Il remonte ensuite la Seine, arrivant quai des Tuileries le 29 mars 1816. Il assurera le premier service de passagers sur la basse-Seine par bateau à vapeur. S'agit-il du même Elise ?

vendredi 19 mars 2010

La pipe d'Yvonnik, conte maritime pour enfants

Image 1 : "Que c'est beau d'être marin!» s'écria un jour le petit Yvonnick en voyant passer un officier, tout chamarré d'or, des marins de la garde.
Image 2 : Et le surlendemain, Yvonnik, portant son baluchon au bout d'un bâton, partit pour Brest.
Image 3 : Comme il était trop petit pour s'engager dans la marine de guerre, Yvonnik s'adressa à un armateur et partit en qualité de mousse pour pêcher la morue sur les côtes de Terre-Neuve.
Image 4 : Six semaines plus tard, voici notre petit Breton en vigie sur les haubans de son bateau de pêche. «Un trois-mâts à bâbords'écrie-t-il, et à ce cri répond un coup de canon… le navire signalé était un corsaire anglais!
Image 5 : Que peut faire un pauvre bateau de pêche contre une frégate armée de trente canons? Le petit navire français, aimant mieux périr que de se rendre, fut coulé après une défense héroïque.
Image 6 : de tout l'équipage français, Yvonnik, seul, fut sauvé. Prisonnier des Anglais, il fut placé sous bonne garde, un boulet au pied.

Image 7 : Un vrai Breton ne perd jamais courage. Yvonnik, enfermé à fond de cale, réussit à détacher son boulet et à en fabriquer un autre avec la mie de pain de son gros pain noir.
Image 8 : Et lorsque, à midi, un soldat anglais lui apporta sa maigre pitance, le petit Breton, se faisant une massue du boulet de fer, en asséna un coup formidable formidable à son geôlier.
Image 9 : Puis il s'échappa par la porte entr'ouverte et se faufila dans la soute aux poudres.
Image 10 : Notre Breton était à peine installé parmi les barils de poudre et les obus qu'un grand tumulte se fit entendre : une frégate française attaquait les Anglais.
Image 11 : "si vous ne vous rendez pas aux Français dans cinq minutes, a fait dire Yvonnik aux officiers anglais, je laisse tomber ma pipe dans la soute aux poudres. On juge de l'embarras des officiers!
Image 12 : Pendant qu'ils discutent entre eux, Yvonnick saute par un sabord et nage vers le navire français ; une barque, envoyée à son secours, le recueille.
Image 13 : Mais avant de sauter, ce diable d'Yvonnik avait posé sa pipe sur un baril de poudre, et, cinq minutes plus tard, le navire anglais sautait.
Bande dessinée publiée dans Le petit journal illustré de la Jeunesse en 1905.

Bateau-promenade aux Sables d'Olonne


Bâteau promenade aux Sables d'Olonne (collection Adhémar)

jeudi 18 mars 2010

Hôpital maritime de Saint-Mandrier, Circé, Calypso et Goliath

Un vapeur d'excursion passe devant l'entrée de l'hôpital maritime de Saint-Mandrier (collection Adhémar)

En 1909, Charles écrit de Toulon à sa sœur Louise Gilguy, en poste à la mission navale française de Varna en Bulgarie : «depuis hier soir, je suis en subsistance à bord d'un remorqueur, Goliath, mais je vais débarquer d'un jour à l'autre. Nous devions appareiller lundi ou mardi pour accompagner les sous-marins Calipso et Circé jusqu'à Bizerte mais le Calipso étant avarié, notre départ est retardé.» La date exacte de ce courrier est difficilement lisible mais cela pourrait être le 26 juin puisque le sous-marin Calypso a été mis en service le 5 août 1909. Il est apparemment né sous une mauvaise étoile puisque le 7 juillet 1914 à 16h35, au Sud du Cap Lardier, à la suite d'une panne brusque de gouvernail, le sous-marin Circé Q 047 aborde et coule le Calypso Q 048.
Le sous-marin appartenait à la 2e escadrille de sous-marins de la 1re armée navale basée à Bizerte.
Goliath est un remorqueur de 1903, en service jusqu'à 1940.

mercredi 17 mars 2010

France, c'est aussi le seul paquebot français à quatre-cheminées (1912)

En août 1914, France est converti en croiseur auxiliaire rebaptisé France IV mais il est rapidement transformé en transport de troupes puis, fin 1915, en navire-hôpital de 2500 lits.


France, 210,83 mètres de long, maître-bau de 23,08 mètres, 23666 tonnes, 4 turbines triple expansion, 4 hélices donnant 45000 cv et une vitesse de 25 nœuds.
Le seul quatre-cheminées français est mis en chantier sous le nom de Picardie, aux chantiers de Penhouët à Saint-Nazaire. il est renommé France pour son lancement le 10 septembre 1910.
La puissance de ses machines en faisait un candidat sérieux sur l’Atlantique Nord mais il n'inquiéta jamais les célèbres Lusitania et Mauretania de la compagnie britannique Cunard.
Le paquebot de la CGT transportera toute sa carrière ses 2020 passagers et ses 500 membres d'équipage sur la ligne Le Havre-New York, d’abord en compagnie de La Provence, La Savoie et La Lorraine, puis, après-guerre, avec les paquebots Paris et Île-de-France.
En août 1919, il reprend son nom et son service régulier. En 1923, il est transformé à la chauffe au mazout. À partir de 1927, il effectue régulièrement des croisières en Europe. Désarmé en septembre 1932, il quitte Le Havre le 15 avril 1935 pour Dunkerque pour y être démoli, soit moins d’un mois avant le voyage inaugural du Normandie.

mardi 16 mars 2010

Les gros "petits bateaux"... ou le contraire

Ce n'est pas la première fois que nous évoquons ici les maquettes de paquebots. Celles de France ont fait l'objet par Claude Febvay d'un magnifique volume détaillé dans lequel il est possible de découvrir des maquettes d'essai et des documents inconnus jusqu'ici.


Parlons maintenant d'un autre type de paquebot et d'une autre maquette, tout aussi impressionnante par la qualité de sa réalisation. À l'occasion de la mise en service de Norwegian Epic, le magazine Mer et Marine nous présente ce matin un article concernant la réplique du dernier paquebot lancé par STX à St Nazaire.

Comme dans le livre évoqué plus haut, on y découvre le travail du maquettiste et la patience qui lui est nécessaire...

lundi 15 mars 2010

La rencontre d'Uckermark, Thor, Unkai Maru et Nankin à Yokohama en 1942


Paquebot Nankin (1912) de la Peninsular & Oriental, vendu en 1932 à Eastern & Australasian Mail Steam Ship Co qui appartenait au même groupe P&O

Qu'ont donc en commun le pétrolier-ravitailleur allemand Uckermark, le croiseur auxiliaire Thor (ex-cargo portugais Santa Cruz), le cargo japonais Unkai Maru et le paquebot de la P&O Nankin (devenu Leuthen)?
Altmark était un pétrolier-ravitailleur allemand qui fut utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale comme nourrice pour le cuirassé Admiral Graf von Spee. Il fut renommé Uckermark le 6 août 1942. Le 9 septembre, il appareilla de France pour rejoindre le Japon ravitaillant en chemin le croiseur auxiliaire Michel. Il arriva à Yokohama le 24 novembre 1942, où il devint le navire de ravitaillement du raider allemand Thor. Celui-ci effectuait des attaques contre les navires de commerce dans l'océan Indien et le Pacifique ouest. En 1942, il coula neuf navires et en captura un. Entre juin 1940 et avril 1941, il en avait coulé treize dont trois croiseurs auxiliaires.
La paquebot australien Nankin de la P&O fut capturé par Thor et renommé Leuthen.
Le 30 septembre 1942, à Yokohama, alors que le pétrolier Uckermark était à quai, une explosion se produit à bord. Celle-ci fut tellement puissante qu'elle déchira le navire de part en part. L'explosion embrasa le croiseur auxiliaire Thor ainsi que le paquebot Leuthen (ex-Nankin) et le cargo japonais Unkai Maru. Les quatre navires furent détruits. L'explosion fit 53 morts.

vendredi 12 mars 2010

Les emménagements d'Aquitania de la Cunard

Dans le livre Cunard, les majestés de l'Atlantique et leurs concurrents, de nombreuses pages sont consacrées aux emménagements des paquebots de la Cunard et d'autres compagnies.
Aquitania (1910-1950), qui, pendant presque quarante ans et à travers deux guerres mondiales, a porté haut le pavillon de la Cunard, avait été construit pour concurrencer les paquebots de la classe Olympic de la White Star Line sur le plan du confort et du luxe, ceux-ci ayant renoncé à battre les «lévriers des mers», les cunarders Lusitania et Mauretania, sur le plan de la vitesse. Voici quelques clichés (collection Adhémar), dont des inédits, significatifs de ce palais des mers.

Escalier principal

Grill Room

Restaurant Palladian (dans le style d'Andrea Palladio)

Restaurant Louis XVI

La grande galerie

Deux vues du fumoir Carolean (dans le style du roi Charles dont le portrait trône sur le mur)

Piscine et gymnase


Deux perspectives du lounge du jardin d'hiver

jeudi 11 mars 2010

Asie des Chargeurs réunis

Asie de la compagnie des Chargeurs réunis, réquisitionné
comme navire-hôpital et transport de troupes du 21 décembre 1916 au 21 juin 1918

(collection
Adhémar)

Ce paquebot de la compagnie des Chargeurs réunis a vécu une carrière longue et mouvementée. Asie a été construit en moins de deux mois aux Ateliers et Chantiers de France à Dunkerque. C'était en 1914! Il est mis à flot le 12 février 1914
Caractéristiques : 9 058 t ; 7 500 cv ; 139,10 x 17,06 m ; 2 cheminées ; 2 hélices ; 2 machines à triple expansion ; 7 chaudières cylindriques timbrées à 14 kg/cm² ; 16,4 nds ; 159 passagers 1re classe ; 80 passagers 2e classe ; 96 passagers 3e classe ; 8 561 tjb ; 5 160 pel

Asie
entre en service le 30 mai 1914 du Havre à la Côte d'Afrique occidentale.

Il est réquisitionné. Navire-hôpital et transport de troupes du 21 décembre 1916 au 21 juin 1918. En convoi en Méditerranée en avril 1917, il aborde et endommage le torpilleur Mortier. Le 11 octobre 1919, puis en mai 1920, Asie fait une rotation de Bordeaux pour Brésil La Plata. Le 30 octobre 1920, il s'échoue au Bec d'Ambés en sortant de la Gironde, par suite d'une avarie de barre, il est renfloué par deux remorqueurs. Le 14 décembre 1925, en appareillant de Dakar, Asie perd son hélice tribord dans la chaîne d'un autre navire et vient heurter le quai se faisant une déchirure à tribord arrière au dessus de la ligne de flottaison. Il repart de Dakar après réparation provisoire. Le 21 avril 1927 : incendie dans le chargement de bois et de caoutchouc de la cale 1 ; le 24 juillet, il s'échoue prés de Matadi, il est renfloué le 27. Le 2 septembre 1929, un incendie dans une cale, en cale sèche, provoque des dégâts importants.
En septembre 1935, on lui installe la chauffe au mazout à Bordeaux. En 1942, il est saisi par les Italiens puis le 13 mars 1943 par les Allemands à Marseille. Le 4 mai 1943, Asie appareille sous pavillon allemand, il remis aux Italiens et renommé Rossano. Il est coulé le 10 mai 1944 par un bombardement allié à Gênes. Renfloué, après incendie, il chavire dans le port de Gênes. (source pages 14-18)

mercredi 10 mars 2010

Combat de 1941 entre le croiseur auxiliaire Kormoran et le cuirassé léger HMAS Sydney

Kormoran (ex-cargo Steiermark)
HMAS Sydney

Dans un précédent article à propos du Centaur, nous avions évoqué le combat entre le croiseur auxiliaire Kormoran et le cuirassé léger HMAS Sydney. Il est intéressant de revenir sur cette affaire, un des rares cas, sinon le seul, d'un ancien cargo transformé en croiseur auxiliaire (ceux-ci ont souvent fait par ailleurs des hécatombes de navires de transport) parvenant à couler un croiseur de guerre.
Le croiseur auxiliaire allemand Kormoran, un ancien cargo, réussit à surprendre et couler le croiseur léger australien HMAS Sydney. Les responsables politiques et militaires se sont longtemps interroger sur ce mystère du David terrassant le Goliath jusqu'à il y a une dizaine d'année quand une commission d'enquête a admis que c'était la suffisance d'un commandant de croiseur persuadé de sa supériorité qui était à l'origine de cette défaite inattendue.
Le croiseur léger HMAS Sydney (un fleuron de la marine royale australienne) commandé par le capitaine Joseph Burnett, et le croiseur auxiliaire Kormoran (commandant Theodor Detmers) se sont affronté une demi-heure au large des côtes ouest-australiennes en fin d'après-midi du 19 novembre 1941. Piètre consolation pour le vaincu, Kormoran allait lui-aussi couler peu après, ses 318 survivants (sur un équipage de 399) furent récupérer par des cargos ou échouèrent leurs bateaux sur la côte australienne. Aucune trace en revanche des 645 membres de l'équipage du croiseur léger. Ce fut la plus importante perte de la Royal Australian Navy et la plus importante pour les Alliés dans la Seconde Guerre mondiale. Les épaves ne furent découvertes qu'en 2008.
A travers les nombreux livres écrits sur le sujet et les témoignages des rescapés allemands, il semble que le croiseur léger se soit approché trop près du raider allemand, négligeant d'user de sa supériorité en armement et qu'il fut soumis à des tirs de canons et aux torpilles du cargo qui s'était alors découvert comme un croiseur auxiliaire puissamment armé. Comme dans toute affaire de ce genre, les théories les plus farfelues courent sur ce combat. Les survivants australiens auraient été massacrés afin d'éviter qu'ils puissent témoigner de la présence d'autres navires.

lundi 8 mars 2010

Le navire-hôpital australien AHS Centaur

Le navire-hôpital australien (Australian Hospital Ship) AHS Centaur a été attaqué et coulé par le sous-marin japonais I-177 au large des côtes du Queensland (Australie), le 14 mai 1943, à son second voyage comme transport médical entre la Nouvelle-Guinée et l'Australie. Des 332 personnes composant le service médical et l'équipage civil, 268 périrent.

Le paquebot mixte Centaur a sauvé les victimes allemandes du combat de 1941 entre le croiseur auxiliaire Kormoran et le cuirassé léger HMAS Sydney.
Il ne sera transformé en navire-hôpital qu'en 1943.

Début 1923, Ocean Steamship Company (une filiale de la Blue Funnel Line d'Alfred Holt) décide de la construction d'un nouveau paquebot pour remplacer le vieillissant Charon sur la route reliant l'Ouest australien à Singapour. Le paquebot mixte devait pouvoir transporter des passagers et des marchandises autant que du bétail. Il devait aussi être capable de tenir droit dans la vase des ports australiens qui subissent des marées de plus de huit mètres d'amplitude. Scotts Shipbuilding and Engineering Company de Greenock, en écosse fut choisi pour construire Centaur. Construit pour 72 passagers et 450 têtes de bétail, le paquebot a été livré en quatre morceaux le 29 août 1924. Il a coûté 146 750 livres sterling. Les deux ponts inférieurs étaient prévus pour le bétail, ils servirent souvent de stockage supplémentaire pour les marchandises. La coque était du type "turret deck", les ponts sous la ligne de flottaison étant plus large que ceux du dessus. Centaur fut parmi les premiers navires civils à posséder un moteur Diesel. Pour respecter les conditions de construction de l'époque, il se caractérisait par une haute cheminée de 11 mètres surdimensionnée pour un Diesel.

La sauvegarde du patrimoine maritime reste un combat de tous les instants

«Nouvelle tentative de sauvetage du paquebot SS United States» titre notre excellent confrère Mer et marine. De quoi rappeler que la sauvegarde du patrimoine est une affaire sérieuse qui coûte cher dès le début et nécessite des revenus réguliers. De quoi consoler aussi les auteurs des projets les plus sérieux et les plus farfelus qui voulaient sauver France Norway Blue Lady à tout prix et leur rappeler que pour cela il faut beaucoup d'argent, et beaucoup d'argent à perte de vue. Seuls certains ont eu du nez...

SS United States Scrap ? (à la casse ?)
s'interroge l'incontournable Maritime Matters


Le paquebot SS United States est inscrit à l'équivalent américain de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, la compagnie NCL ne pouvait donc pas l'envoyer à la casse...
... Sauf si la coque se détériorait au point de constituer un danger pour son intégrité et donc pour le port de Philadelphie. Cela pourrait être ce qui se passe, à moins que les autorités américaines n'interviennent. En attendant la SS United States Foundation lance son (ultime ?) SOS.
Signalons dans le récent Cunard, les majestés de l'Atlantique et leurs concurrents de Gilles Barnichon, Daniel Hillion et Luc Watin-Augouard, quelques belles pages (au titre de la concurrence bien entendu) sur United States.

On trouve aussi sur YouTube nombre de films sur le big U, citons, entre autres, L'appel aux armes réalisé par un organisme de sauvegarde du patrimoine maritime.