samedi 26 juillet 2008

Tante Fine et Vierge de Lourdes

Retour à Fécamp du voilier traditionnel Tante Fine, vainqueur de la course Cutty Sark 2002, avec accueil de la caïque Vierge de Lourdes.

Suite à notre article sur Fécamp et particulièrement sur les bateaux réhabilités (voir ci-dessous), on nous a fait parvenir cette magnifique carte postale.

Le bassin Bérigny abrite également plusieurs réhabilitations de bateaux anciens, supports de projets éducatifs ou/et touristiques.

Le langoustier Tante Fine (diminutif de tante Joséphine), a été construit en 1960 à Plouhinec (Bretagne). Il a pêché le long des côtes de Mauritanie et dans le golfe de Gascogne jusqu’en 1986.
Il était dans un piteux état quand l’association A.F.D.A.M. (aujourd’hui I.S.M.M./A.F.D.A.M.) de Fécamp en a fait l’acquisition en 1991. Association fécampoise ISMM-AFDAM -Voiles de l’espoir (Association d’insertion de jeunes et d’adultes en grande difficulté sociale)
Le chantier local s’est mis immédiatement au travail pour rendre au voilier ses formes et sa gloire d’antan. Plus de 8 000 heures de travail ont été nécessaires pour le remettre en état !
Lire la suite sur le blog dans l’article Fécamp port de mer qui entend le rester.


mercredi 23 juillet 2008

Chella, Lyautey et Céline


Le paquebot Chella de la compagnie de navigation Paquet dans un bassin du port de la Joliette. (Collection des Archives du musée d’histoire de Marseille). Paquebot en acier de 130 mètres de long, construit aux Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne en 1933.

Chella et remorqueur, illustration d’Albert Sebille (1874-1953), peintre de la marine en 1906.

Curieux paquebot que ce Chella qui croisa à deux reprises (au moins) le chemin de célébrités.
Dans l’entre-deux-guerres, la Compagnie Paquet exploitait une ligne de Marseille à Dakar avec escales à Tanger et Casablanca avec les paquebots Maréchal-Lyautey, Médie II, Chella, Koutoubia et Iréméthie II.
En 1935, pour ramener, selon ses derniers souhaits, les cendres du maréchal Lyautey au Maroc, on embarqua son cercueil sur le croiseur Dupleix, escorté de deux contre-torpilleurs. Une équipe de ses derniers officiers, Keller, du Souzy, Durosoy, Pélier, Boisboissel, l’accompagnait pendant que sa famille autour de la maréchale, ses autres collaborateurs et amis et des personnalités de haut rang remplirent le paquebot Chella de la Compagnie Paquet, spécialement affrêté pour l’occasion. (source : Henry de Boisboissel)

Céline et Chella


Après la déclaration de guerre de 1939, Louis-Ferdinand Céline «va vivre un épisode bouffon, très célinien. En septembre, il devient médecin maritime pour la compagnie Paquet. Il embarque donc sur le Chella, qui assure la ligne vers le Maroc. Mais dans la nuit du 5 au 6 janvier 1940 devant Gibraltar, le navire éperonne par mégarde un aviso britannique. Il y a vingt-sept morts du côté anglais et le docteur Destouches (vrai nom de Céline) soigne les victimes. Le Chella rallie tant bien que mal Marseille.» (François Gibautlt, dans Lire hors-série n°7).
Céline est en fait volontaire mais trop vieux pour aller au front et invalide à 75% depuis la Première Guerre mondiale après des faits d’arme qui lui valurent des médailles et la quatrième de couverture en couleur de L’Illustré national. Il devient donc médecin de bord sur le Chella, réquisitionné pour des transports d’armes : «Militaire comme tu me connais, tu ne seras pas surpris de me voir devenu médecin de la marine de guerre et embarqué à bord d’un paquebot armé » écrit-il à un de ses amis, le docteur Camus.
Il écrit aussi à René Arnold : «Gibraltar 11 janvier [1940] À peine venais-je de vous écrire que nous faisions naufrage devant ce port. Heureusement (si l’on peut dire) sauf, mais ayant expédié au fond 24 vaillants anglais. Collision de détroit ! avec explosion - et blessés partout. Quelle nuit ! Quelle longue nuit ! Nous rejoindrons Marseille plus tard et puis je rechercherai un embarquement. Comme la vie est aléatoire!». Enfin il précise, toujours professionnel : «Les médicaments font merveille! après cette nuit dans l’eau que de bronchites guéries, prévenues!»

lundi 21 juillet 2008

Les paquebots mixtes des messageries maritimes Viet-Nam et Laos

Les paquebots mixtes des messageries maritimes Viet-Nam et Laos. En bas, en situation, saisis par Roger Chapelet (1903-1995), peintre de la marine. Célèbre également pour ses affiches destinées aux compagnies maritimes.
Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de Philippe Ramona, auteur de Paquebots vers l’Orient, consacré aux Messageries maritimes.

vendredi 18 juillet 2008

L’aventure du Kon-Tiki

Le numéro 64 de juin 1952 de Sciences et Avenir relate l’expédition du Kon-Tiki qu’il qualifie d’exploit.
«le 7 août 1947, un radeau ayant six passagers à bord venait échouer sur les récifs de Raroïa, petite île de l’archipel polynésien.» C’était la fin d’un périple de 101 jours, sur plus de 7000 kilomètres, à la traversée de l’océan Pacifique, sur une «embarcation d’un type primitif dont aucun exemplaire n’avait pris la mer depuis des siècles». Cette expédition voulait démontrer la théorie de l’ethnologue norvégien Thor Heyerdahl selon laquelle le peuplement de la Polynésie aurait été assuré primitivement par des indiens venus d’Amérique du Sud.
Itinéraire du Kon-Tiki. Si l’aventure ne démontrait rien de manière absolue (la controverse est toujours actuelle, sans cesse relancée, sur le thème du peuplement de l’Amérique), elle restait tout de même un exploit sportif maritime de tout premier plan.

Cette vue d’ensemble du Kon-Tiki permet d’apprécier la simplicité de l’embarcation, longue de quatorze mètres. Elle est formée de neuf troncs de balsa vert liés entre eux par trois cents cordes faites de liane. Un bloc de balsa épais et court sert de gouvernail. Des nattes recouvrent le pont et une petite cabane en bambou est le seul abri des six hommes d’équipage. Les mâts sont en manguier, un bois dur et résistant.

Les ouvriers du chantier de l’arsenal de Callao (le port de Lima au Pérou) reconstituent le radeau sans clous ni vis qu’utilisaient leurs lointains ancêtres. Les Norvégiens en avaient pris le modèle sur des estampes trouvées dans des musées.

Un des navigateurs construit une cloche de plongée primitive pour pouvoir inspecter les cordages sous le radeau à l’abri des requins, nombreux tout au long du périple.

Ces requins étaient d’ailleurs souvent au menu pour compléter les rations emportées, au même titre que le plancton et toutes sortes de poissons. La pêche était très fructueuse et faisait partie des occupations principales de l’équipage, après les observations scientifiques.

«Les manœuvres d’une embarcation aussi primitive que le Kon-Tiki n’allaient pas sans difficultés.» D’autant «qu’aucun navigateur moderne n’avait été capable de leur donner des conseils pratiques en ce qui concerne la conduite d’un radeau. Il découvrirent peu à peu les secrets de navigation des anciens indiens en ce qui concerne le maniement de la voile et surtout du gouvernail et l’utilisation des dérives comme adjuvant à ce dernier.» Une technique déjà décrite par les Espagnols de la Conquête mais qu’ils n'avaient pas comprise. «Sans toucher à l’aviron de gouverne, nous pouvions donc, rien qu’en plaçant la dérive entre les fentes dans une position dissymétrique, effectuer des changements de direction. Telle était l’ingénieuse méthode des Incas.»

mardi 15 juillet 2008

Armada 2008


La grande fête de l’Armada 2008 de Rouen est terminée. La plupart des bateaux invités sont repartis en suivant la Seine. Certains se rendaient à Brest 2008.
Si vous en avez déjà la nostalgie, retrouvez les plus beaux bateaux du monde sur Internet. Voilà notre sélection.
A tout seigneur, tout honneur, avec le site officiel de la manifestation (www.armada.org).
Ensuite, pour une vidéo amateur de la grande parade 2003 et un passage en revue des bateaux présents en 2008, www.armada-rouen.net.

Seine maritime TV fait une présentation (un peu commerciale) de la manifestation.
Elle est toutefois à signaler car sa vidéo est de qualité, ce qui est encore rare. Bien entendu, YouTube en présente une sélection importante.
Quelques belles photos sur le site cauchois www.cauxcorico.com.
De belles photos des voiliers de l’Armada 2008, prises par des enfants, sur le site www.planete-elea.com.
Et aussi sur L’Internaute Mer et Voile.
Bref, une pêche aux sites assez décevante. Sans doute un peu prématurée !
Si vous possédez quelques clichés, n’hésitez pas à les publier sur ce blog. Merci.

samedi 12 juillet 2008

Le trafic maritime dans Google Maps

Cliquez sur la carte pour vous rendre sur le MarineTraffic.com.
Google Maps Mania signale cet excellent mashup* montrant les navires, cargos et bateaux qui croisent dans une bonne partie des mers du globe. En fait, cela ne couvre pas les pays asiatiques et très peu l’Afrique et l’Amérique. Mais c’est assez impressionnant. Cliquez sur une flèche bleue, par exemple, (le bleu est le code pour les bateaux de passagers, le rouge pour les tankers, etc.), et vous obtenez le nom du bateau, sa vitesse à un temps T et sa direction. Je ne connaissais pas, et vous ? Ce site propose aussi les traffics de chaque port et une impressionnante galerie de photos de bateaux.

Cette application utilise le système de reconnaissance de l’International Maritime Organization (IMO) qui oblige tous les navires dépassant un certain tonnage, à embarquer un système d’identification automatique par VHF appelé SIA (ou Automatic Identification System ou AIS, en anglais).
*équivalent d’un bootleg en musique, le mashup agrège les contenus d’autres sites pour en créer un nouveau.

vendredi 11 juillet 2008

Dernière étape pour le France Norway Blue Lady


Claude Febvay qui termine la première partie de son Histoire du France par la maquette qui devrait paraître chez MDV à la rentrée de septembre 2008 nous fait parvenir cette photo et ce message.
«Dernière photo marquante de Blue Lady sur la plage de Alang avant que ne disparaisse la seconde cheminée. Au fil des photos diffusées sur le site de maritimematters.com, on voit des blocs de plusieurs tonnes découpés et tombant à la mer puis tirés sur la plage par des treuils. Il n’est pas difficile d’imaginer le peu de précautions prises pour le démantèlement et les tonnes de déchets qui partent vers l’océan après en avoir inoculé les ouvriers en passant.»
La tristesse de Claude Febvay devant ce désastre est à la mesure de son engagement auprès de diverses associations travaillant à une autre solution que la destruction pour notre France Norway.
Voir aussi la vidéo sur Rêve de France.


jeudi 10 juillet 2008

Philippe Eberlin présente Crimes de guerre en mer au Salon du livre de Genève

Notre ami Philippe Eberlin était présent au Salon du livre de Genève en mai dernier. Il y dédicaçait Crimes de guerre en mer 1939-1945, paru en 2007 aux éditions MDV Maîtres du Vent.

Philippe Eberlin avait décoré le stand de drapeaux de la Croix-Rouge et de souvenirs récupérés sur les bateaux attaqués.

Philippe Eberlin dédicaçait son livre en compagnie de Jean Ziegler, auteur de plusieurs livres sur la mondialisation et sur ce qu’il appelle les crimes commis au nom de la finance mondiale et le capitalisme, condamnant en particulier le rôle de son pays dans La Suisse, l’or et les morts (1997, éditions Seuil).

mardi 8 juillet 2008

Aux Quat’Sardines

Elles participaient déjà grandement à l’animation de Concarneau, chacune dans son domaine. Notre amie Anh Gloux, dont nous avions parlé ici à propos de son livre Ma cuisine de toutes les mers du monde, nous indique que sa petite bande a ouvert boutique à l’enseigne Aux Quat’Sardines et que vous pouvez les retrouver sur leur blog. Le régionalisme étant à l’honneur sur celui-ci, Gérard Fournier, de Concarneau lui aussi, a eu droit à sa page à l’occasion de la sortie de son livre Voiles de légende.
L’idée d’un lieu convivial pour abriter leurs créations ou coups de cœur s’est imposée à elles, il se situera donc 17 avenue du Docteur Nicolas à Concarneau, face au port de plaisance, près de la « Crêperie du port » un voisinage des plus alléchants pour ces joyeuses commères.

Elles sont très BZH
Bronzée, Nathalie, métisse martiniquaise, la bavarde (T-BHZ, le nouveau Breizh à porter, du textile mais pas seulement)
Zen, Anh, eurasienne, la sage et la doyenne (Pluie de sel, peinture, graphisme, édition, poupées en bois et papier…)
Heureuse, Mari, la jeune mariée et, respect, Reine des filets Bleus. (Maribrairie, librairie jeunesse)
Comme les sardines sont omniprésentes ici, terminons cette présentation amicale par leur cri de ralliement :
Clupéidés ! Rejoignez le banc !


dimanche 6 juillet 2008

M/S Sandnes

Construit en 1950 pour assurer la desserte de ports norvègiens, Sandnes (du nom de la cité norvégienne surnommée «la ville de la poterie» mais aussi connue pour ses chantiers navals) est maintenant retiré du service et, après avoir été utilisé comme navire-école, est devenu la propriété de passionnés qui le font naviguer régulièrement pour des affrêtements privés. Son port d’attache est Stavanger.


D’autres photos se trouvent ici et quand il était bateau-école.

samedi 5 juillet 2008

Aménagements du port du Havre en 1935

«Aux géants de l’Atlantique Nord, les nouveaux aménagement du port du Havre garantissent l’accès à une rade sûre. […] A leurs passagers, ils offrent d’exceptionnelles facilités et commodités dans un cadre grandiose et moderne comme il n'en existe nulle part ailleurs. Ces nouveaux aménagements ont été nécessités par les progrès de l’architecture navale dont la Normandie est la plus puissante expression. »
Voici quelques vues de ces nouvelles installations qui ont, d’après L’Illustration du 8 juin 1935, demandé des travaux cyclopéens et «rejoignent, dans la grandeur et le symbole de l’effort réalisé, le superpaquebot (Normandie) dont s’enorgueillit le pays tout entier.»

Vue en enfilade de la gare maritime transatlantique, prise du toit du premier étage.

«Pourquoi les quais du Havre sont-ils en granit ?» A cette question, dans ma jeunesse amoureuse de l’incongru, on répondait finement «parce que SNCF. Ce qui ne voulait rien dire mais nous amusait beaucoup.
A la lecture d’un article paru dans L’Illustration de juin 1935, j’apprends que ces quais étaient en blocs de béton de cent tonnes chacun et devaient beaucoup plus à la French line et à son paquebot Normandie qu’à la SNCF (qui n’existera d’ailleurs que trois ans plus tard) ! Quoique… En effet, dans les nouvelles installations portuaires, une place importante a été donné à l’interconnexion des moyens de transports et la nouvelle grande gare maritime de la CGT, de 600 mètres de long, donne directement sur les voies ferrées, mettant fin au calvaire des passagers antérieurs.

Vue aérienne de la rade du Havre, de l’avant-port et du bassin de marée. A gauche, la presqu’île du port pétrolier. A son extrémité, le tronçon de digue encore à démolir. Plus à gauche, la nouvelle digue pas encore raccordée à la terre. A droite, la nouvelle gare maritime de la Compagnie industrielle maritime, située sur le Quai oblique, au bout duquel est amarrée la grue flottante de 200 tonnes.

L’appareil de démolition est entouré de deux caissons en béton creux et lestés. Le musoir est coiffé d’un caisson mobile fixé par des vérins hydrauliques. Ce caisson comporte une chambre dans laquelle les ouvriers travaillent à l’air comprimé. «Le procédé fera date dans les annales de la technique des grands travaux».

Plan du port du Havre et de ses aménagements. La passe extérieure a été draguée en pleine mer à la cote -12,5mètres. Elle constitue une tranchée sous-marine de 4 kilomètres sur 250 mètres de largeur.

Vue générale de la gare maritime transatlantique et du hall des trains. Derrière les bâtiments, on aperçoit les cheminées du Normandie, à quai, avant le départ.

Le grand hall de la gare maritime.

Une des trois portes d’accès du hall des trains. L’ouverture des portes est commandée par le train arrivant qui déclenche un mécanisme électrique en liaison directe avec les signaux de sécurité.

Ponts basculants du canal de Tancarville. Ces deux ponts à grande portée permettent le passage des trains provenant de la ligne Paris-Le Havre. Leur manœuvre est assurée en une minute par un moteur électrique de 300 CV.

vendredi 4 juillet 2008

Sortie musclée du Dauphin




Sortie musclée du Dauphin dans les jetées du port de Fécamp (Seine-Maritime).

Le Dauphin, chalutier terre-neuva pêche arrière, a essayé de sortir malgré l’opposition de la capitainerie. Dans la bataille, une lame plus forte fit exploser une partie des hublots. Le chalutier dut réparer avant de repartir pour les bancs de Terre-neuve à la pêche à la morue.

jeudi 3 juillet 2008

Canot d'apparat danois

La princesse suédoise Ingrid épouse le prince héritier, futur Frederik IX du Danemark, le 24 mai 1935. Ici, nous les voyons dans le canot d’apparat de Gustave III, sorti pour la circonstance, qui les méne au yacht royal danois.