mardi 30 décembre 2008

Nos paquebots transatlantiques : La Provence

La Provence, carte postale n°2 de la série Nos paquebots transatlantiques

Construit en 1906 par les chantiers Penhoët à Saint-Nazaire, le paquebot La Provence, appartenant à la Compagnie générale transatlantique (CGT), assurait la liaison Le Havre-New York. Il s'illustra le 31 mai 1906, en marquant le record de vitesse de traversée entre New York et Plymouth (Angleterre), contre le Deutschland de la Hamburg Amerika Linie.
Transformé en croiseur auxiliaire et affecté au transport de troupes pendant la Première Guerre mondiale, il fut rebaptisé Provence II, car un cuirassé portait déjà ce nom. Il finit sa carrière en Méditerranée, torpillé, le 26 février 1916, par le sous-marin allemand U 35, à l'ouest de l'île grecque de Cerigo*.
*Et triste, Cérigo, qui fut jadis Cythère,
Cythère aux nids charmants, Cythère aux myrtes verts,
La conque de Cypris sacrée au sein des mers.
La vie auguste, goutte à goutte, heure par heure,
S'épand sur ce qui passe et sur ce qui demeure;
Là-bas, la Grèce brille agonisante, et l'oeil
S'emplit en la voyant de lumière et de deuil…
(Victor Hugo, Les Contemplations)

lundi 29 décembre 2008

Lusitania en 1907

Lusitania, 1907 par Morlaine
RMS Lusitania, paquebot transatlantique britannique de la Cunard.
Lusitania fut construit en deux ans et lancé le 7 juin 1907 à Clydebank, en Écosse, torpillé par un sous-marin allemand, le 7 mai 1915, au large de l’Irlande. (Source Wikipedia)

samedi 27 décembre 2008

A la recherche de France II

Daniel Hillion recherche tout document sur la construction, entre 1911 et 1913, aux chantiers de Gironde, à Bordeaux, de France II, le plus grand voilier français. Merci d'avance.
Répondre à editionsmdv@yahoo.fr qui transmettra.

mercredi 24 décembre 2008

Les Naufragés (conte de Noël) 3/3

Bonnes fêtes de Noël à nos lecteurs et amis, amoureux de la mer et de ses bateaux

Dans nos archives, nous avons trouvé ce petit livre illustré d’images d’Épinal – Album d'images Les marins Naufragés, Olivier Pinot, éditeur à Épinal. Epilogue de notre conte de Noël commencé le 7 décembre.
Bien entendu, on n’écrirait plus ces aventures comme cela de nos jours, ni dans la forme, ni dans le fond mais j’ai lu dans mon enfance des histoires comme celle-là et je me suis dit que nombre de nos fidèles aimeraient aussi en retrouver l’esprit. Bonnes fêtes! CM

«Par une de ces nuits des tropiques, quand l'atmosphère fait pressentir l’orage prochain. Quand l’air raréfié, chaud et lourd, laisse à peine respirer , nos matelots dédaignant leur cabane, s'étaient couchés en plein air et reposaient tranquillement. La nuit était sombre, le ciel sans étoiles. Tout à coup, au loin sur les flots, la sentinelle entend un bruit qui s’intensifie et semble se rapprocher du rivage. Il croit reconnaître le bruit causé par un grand nombre de rames… Ce ne pouvait être que des sauvages, car des Européens ne se hasarderaient jamais à aborder en canots, de nuit, une terre inconnue. »

«Un bon moment se passe dans l’anxiété, car le jour ne permettait pas encore de distinguer aux environs.
Tout d’un coup, d’immenses éclats de rire retentirent dans les arbres, et les marins envoyés en vedettes dégringolaient de leurs postes d'observation en riant… le bruit venait tout bonnement d'une énorme bande de phoques ou veaux marins!»

Ah! messieurs, vous nous avez fait passer une nuit blanche, ou plutôt noire d'inquiétude ; mais vous allez nous payer cela. En un quart d'heure, ils eurent fait une affreuse boucherie. Nos matelots firent ample provision de peaux, de viande et surtout de graisse…

Bien des jours s’étaient écoulés, les pauvres naufragés passaient leur temps à la chasse et à la pêche. Un jour, bien avant dans l'intérieur de l’île, ils trouvèrent une quantité d’ossements à l’entrée d’une caverne. S’étant bien imprudemment hasardé dans sa découverte, six hommes se trouvèrent pris entre deux feux. De puissants rugissements retentissant devant et derrière eux.

Mes enfants, dit le chef, barricadons-nous dans cet antre, nous aurons plus facile à nous défendre.

«Il était temps car à cinquante pas s’avançait un énorme lion à crinière noire, suivi de sa lionne, le mâle portait entre ses dents une antilope entière, sans paraître embarrassé ni chargé de son lourd fardeau… deux coups de feu atteignirent le lion, l'un lui brisa une patte, l’autre lui laboura les flancs… Un balle du vieux chef arrêta sa course finale, il avait le cœur traversé. Une décharge générale renversa la lionne qui, malgré cela, s’éloigna. Nos marins se croyaient déjà maîtres du champ de bataille et allaient sortir quand de nouveaux rugissements se firent entendre. La lionne était allé chercher le renfort de deux autres lions qui se tenaient en embuscade, empêchant toute sortie…» Pour échapper à «l’antre où l'air était méphitique, vicié par les débris de chair en putréfaction», servant d’appât, un mari s'avança au devant des lions qui se jetèrent sur lui. Le subterfuge réussit car les lions tombèrent sous les coups de fusils de ses compagnons retranchés.

Ainsi, d'aventure en aventure, les saisons se succédèrent. «Depuis bien longtemps, les vêtements qu'ils avaient sauvés du naufrage étaient tombés en lambeaux, tant bien que mal ils étaient couverts entièrement de peaux ; avec leurs barbes incultes et leurs longs cheveux, les naufragés ressemblaient bien plutôt à d’affreux sauvages qu’à des hommes civilisés… La poudre manquait et l'ingéniosité des pièges que leur avait enseignés le vieux maître ne suffisait plus à les nourrir décemment. Leur position devenait affreuse, et il ne pouvaient pas prévoir combien de temps ils devaient rester sur cette terre déserte, exposés à la famine, aux privations de toutes sortes et aux plus effroyables dangers. »

«Enfin le navire si ardemment attendu, apparut un jour à quelques milles du bord. Les naufragés avertis par leur vedette, poussèrent des cris d’allégresse, coururent à la côte allumer de grands feux… Bientôt les naufragés, avec des larmes de joie et de reconnaissance, sautèrent au cou des marins qui venaient les sauver. Le navire était un vaisseau de haut bord de la marine royale d’Angleterre. Au moment où la chaloupe s'éloignait du rivage, la nuit tombait et les voix formidables des lions et des tigres commençaient à retentir sur toute l'étendue de l’île. Il semblait qu’ils célébrassent par ce concert de rugissements le départ des hommes qui étaient venus troubler leur solitude et leur déclarer une guerre acharnée où tant des leurs avaient trouvé la mort.»
Fin

lundi 22 décembre 2008

Le clin d’œil des Sauveteurs en mer

"Comment ça si on fait aussi dans le sauvetage boursier ?!?…”

Ce clin d’œil des Sauveteurs en mer pour vous rappeler qu'il est toujours temps de faire un don ou d'acheter leur sympathique calendrier 2009. Rendez-vous sur le site SNSM.

dimanche 21 décembre 2008

Les énergies de la mer

L'un de nos correspondants, que nous remercions, nous a fait connaître le site "Les énergies renouvelables de la mer" qui met en valeur les vagues et la mer comme source d'énergie.

De nombreux travaux sont en cours. Et rappellons-nous l'usine marémotrice de la Rance dans les années 60... déjà à l'époque...

vendredi 19 décembre 2008

Les Naufragés (conte de Noël) 2/3

Dans nos archives, nous avons trouvé ce petit livre illustré d’images d’Épinal – Album d'images Les marins Naufragés, Olivier Pinot, éditeur à Épinal. C’est notre conte de Noël commencé le 7 décembre.

En un instant tous les débris du naufrage furent apportés sous les arbres…

«Après un copieux repas de viande fraîche, qui rendit aux naufragés leurs forces si amoindries par trois jours de jeûne forcé, ils se mirent activement aux travaux les plus pressants, c’est-à-dire à la construction d'une cabane entourée d’un enclos de hautes et fortes palissades capables de les protéger contre les bêtes féroces…»

Le chef s’avança le fusil en joue, le tigre, sans lâcher sa victime et voyant approcher ce nouvel adversaire, se tourna vers lui ses yeux injectés de sang, mais le vieux brave tira sans trembler, sa balle brisa le crâne du monstre, qui tomba mort…

«C’était le réveil des habitants de l'île… Voici la musique qui commence, dit le vieux maître d’équipage, à tout à l’heure la danse ; ces coquins vont sentir la chair de nos buffles et venir éprouver la solidité de nos palissades.»

…chaque fois qu’un des rôdeurs s’approchait trop près du camp, on voyait sa carabine s’abaisser
et la détonation était suivie du râle sourd du monstre expirant…


«Les malheureux marins étaient dans une cruelle perplexité, ils venaient de reconnaître dans un terrible exemple l’insuffisance de leurs retranchements.»

…nous aperçûmes à une cinquantaine de pas, un joli petit animal ressemblant beaucoup au chevreuil d’Europe, déjà j’épaulais quand je vis se dresser et bondir au-dessus des hautes herbes une masse noire
qui vint en poussant un sifflement aigu, tomber sur le pauvre animal, comme un arbre que vient d’abattre
la cognée. Au sifflement succéda un bêlement plaintif…

«Le vieux chef que ne quittait plus jamais le matelot qu’il avait sauvé des griffes du tigre, était le principal pourvoyeur du camp. Le soir, à la veillée, retranchés dans leur solide fortin enfin construit, chacun racontait ses aventures de la journée…»

«Nous marchons droit sur le serpent… celui-ci voyant s’avancer deux ennemis qui venaient interrompre son repas, dressa sa tête hideuse ; je tire, mais ma balle qui lui traverse le corps, ne l’arrête pas et avant que j’ai pu faire un mouvement, me voilà à terre avec une singulière écharpe, le gredin s’était enroulé tout autour de moi; déjà il me semblait sentir tous mes os se broyer, son affreuse gueule était là béante devant ma figure.»
A suivre


jeudi 18 décembre 2008

"La Palma"



Voici celui qui est certainement le plus vieux navire du port de Santa Cruz de Tenerife en ce moment. Le vapeur La Palma a été construit en 1912 par W. Harkness & Sons Ltd., de Middlesbrough (UK), pour la Cia de Vapores Correos Interinsulares Canarios. Il navigua dans l'archipel des Canaries de 1912 à 1976, alors sous les couleurs de la Cia Trasmediterranea. Il appartient maintenant à la région de Tenerife. (Photos G. Barnichon - Agence Adhemar)

mardi 16 décembre 2008

Cap Horn… le film

Cap Horn (titre original Cabo de Hornos), film mexicain de 1957 de Tito Davison, avec Emilio GAETE, Jorge MISTRAL, Carlos MORRIS, Angela PINAL, Silvia PINAL. Drame en noir et blanc Durée : 1h23. D’après un recueil de nouvelles de l'écrivain chilien Francisco Coloane. Filmé au Chili.
Antonio est chasseur de baleines. Au repos dans le port de Valparaiso, il rencontre Jimena dans un bar. Ils vivent une histoire d’amour éphémère avant qu’elle ne disparaisse. Son armateur, Roberto, lui confie la responsabilité d'une nouvelle campagne de pêche. Antonio retrouve la mer avec plaisir mais le souvenir de la femme ne l’a pas quitté. A Punta Arenas, il retrouve Roberto et sa femme… Jimena! Une violente tempête à l'approche du Cap Horn, réunira à jamais Antonio et Jimena.

samedi 13 décembre 2008

Vu du quai

Sur votre agenda
MARDI 16 DÉCEMBRE 2008 à 20 h au cinéma L'Eden (Entrée libre)
Espace Niemeyer place Gambetta 76600 Le Havre
Projection de courts-métrages sur le thème « Le temps des quais »
en présence d’Aymeric Perroy, secrétaire gal adjoint et responsable scientifique de l’association French Lines et d’Agnès Deleforge, chargée de mission mémoire audiovisuelle du Pôle Image de Haute-Normandie.



Cette projection aura lieu dans le cadre de l’exposition LES QUAIS DANS TOUS LEURS ETATS Ports, docks et dockers, de Boudin à Marquet qui se tient au musée Malraux jusqu’au 25 janvier 2009


vendredi 12 décembre 2008

Les mardis de la mer et des Français

Sur votre agenda MARDI 16 DECEMBRE 2008 - 17 h 30 – 19 h 30

MARDIS DE LA MER ET DES FRANÇAIS
conférences-débats organisées par l’Institut français de la mer (IFM)
et le Centre d’études de la mer de l’institut catholique de Paris (CETMER)

LES NAVIRES DU FUTUR

Par Xavier LECLERCQ, directeur technique d’Aker Yards-Stx France
et Michel ACCARY, directeur marketing stratégique de DCNS

Amphi René Rémond escalier B, 2e étage Institut catholique 21 rue d’Assas 75006 Paris

jeudi 11 décembre 2008

Fait d’hiver maritime au pied de la plus haute montagne d’Espagne

De Gilles B., depuis les Canaries



C’est, en effet, l’île de Ténérife, dans l’archipel des Canaries, qui abrite le plus haut sommet ibérique, le Téide (3718 m). Sur la côte ouest de l’île se trouve le port de Los Cristianos d’où partent les ferries à destination de La Gomera, l’île voisine où Colomb s’arrêta lors de son premier voyage. Au matin du 3 décembre, le ferry rapide Bonanza Express, de la compagnie Fred Olsen s’échoua, pour une raison encore inconnue à l’entrée du port qu’il venait d’atteindre. Un barrage anti-pollution fut immédiatement mis en place par principe ; trois remorqueurs de haute mer appareillèrent rapidement de Santa Cruz, le port principal de l’île, pour se positionner devant Los Cristianos et attendre la marée haute pour dégager le ferry, celui-ci étant encore chargé de nombreux véhicules. Les passagers avaient, quant à eux, été débarqués en toute sécurité peu de temps après l’accident.

Dans l’après-midi, un autre navire de la compagnie approcha le navire échoué afin de l’alléger des véhicules qu’il transportait mais cette tenta échoua et, à la tombée de la nuit, les tentatives de remise à flots n’avaient pas encore débuté.

C'est le lendemain matin que le ferry fut amené à quai afin de décharger les véhicules qui purent, enfin, être rendus à leur propriètaire. On le voit ici attendant son transfert au chantier pour réparations. Il semblerait que l'accident soit dû à une panne de gouvernail qui empêcha le navire d'effectuer correctement sa manoeuvre d'accostage.

Le ferry Bonanza Express est un ferry rapide de construction australienne comme il en existe de nombreux exemplaires sur les liaisons inter-îles européennes.

mercredi 10 décembre 2008

La fin de Mermoz a eu lieu à son rendez-vous avec France

Lorsqu’en postface de son Mermoz, Daniel Hillion écrivait : «L’émotion que provoque Mermoz naît de son histoire. Le bateau blanc n'est pourtant pas de ceux dont les films retracent les péripéties héroïques. Aucune catastrophe dans sa longue vie, pas plus que dans celle du légendaire France. Mais il lui a fallu, comme France, subir la méfiance de ceux qui, dès sa naissance, ne croyaient plus en l'avenir des paquebots. Il a connu lui-aussi les mouvements d’humeur des équipages, des ouvriers des chantiers, l’abandon du pavillon tricolore et la concurrence de l’aviation. […] Pour un tel parcours, il ne suffit pas d’être le plus beau ou le plus grand mais il faut parler immédiatement à l’âme. C’est une alchimie inexplicable qui fait que ce navire occupe la place d'un petit France dans le cœur des Français.»
Donc, lorsqu’il écrivait cela, Daniel Hillion était encore loin de penser que sa comparaison ne s’arrêterait pas là et, qu’un jour, le beau bateau blanc s’en irait finir ses jours misérablement à Alang, sur la même plage sordide du nord de l’Inde que France, devenu Norway.

Ce livre est encore disponible aux éditions MDV Maîtres du Vent.

mardi 9 décembre 2008

Vision d'Ushuaïa, au bout du monde

Ushuaïa est la capitale de la province argentine la plus méridionale, la Terre de Feu. La ville est considérée comme étant la plus australe du monde. Elle est située à proximité du Canal Beagle, au sud-ouest de la province, dans le département d’Ushuaïa. Elle est à 54° 48' de latitude sud, 68° 18' de longitude ouest. (photo © Sacha Jorrot)

dimanche 7 décembre 2008

Les Naufragés (conte de Noël) 1/3

Dans nos archives, nous avons trouvé ce petit livre illustré d’images d’Épinal – Album d'images Les marins Naufragés, Olivier Pinot, éditeur à Épinal – qui raconte les «Aventures de pauvres marins naufragés dans une île déserte». Si la simplicité angélique du texte n’offre que peu d’intérêt, les illustrations, en revanche, présentent une variété de costumes (un peu trop propres, comme au cinéma) de marins et d’officiers qui nous a paru valoir que nous fassions de ce livre notre conte de Noël. Il sera publié en trois parties jusqu’à l’heureux dénouement, aux environs du réveillon.

«Ah! les gredins, dit le vieux quartier-maître, ils nous abandonnent. Eh bien! sauvons-nous sans eux, à l'ouvrage les, les enfants, et vivement faisons un radeau et tâchons de nous en tirer.»

La corvette La Gracieuse voguait sur l’océan. Elle disparaît dans les abîmes de l'océan. Un vieux contre-maître, trop occupé à combattre les voies d’eau en fond de cale pour entendre l'ordre d’évacuation du navire, embarque sur un radeau de fortune avec une douzaine de matelots.

«Ils rencontrent enfin un ruisseau, tous, avec des cris de joie, s’y précipitent et boivent longuement, on dirait qu’ils ne peuvent parvenir à se désaltérer.»

«Battus par la tempête, couverts à chaque instant par les vagues qui leur enlevaient une partie de ce qu’ils avaient pu sauver ; sans aviron, sans boussole, ne sachant même pas où ils se trouvaient, ils allaient au caprice des vents, sous le regard de Dieu.» La tempête se calme, mais ils endurent la faim et la soif. «Pour ajouter à leurs angoisses, d’énormes requins suivaient le bateau, semblant guetter une proie qui ne pouvait se faire longtemps attendre. Après bien des heures de souffrance, ils découvrirent la terre, il leur fallut des efforts inouïs pour diriger leur radeau, enfin, ils vinrent échouer sur une plage de sable où ils tombèrent tous à genoux pour remercier Dieu de leur délivrance.» Ce n’était pourtant pas la fin de leurs ennuis.

«Les pauvres marins étaient brisés de fatigue, il fut décidé comme on avait tout à craindre sur cette terre inconnue, que pendant le repos, une sentinelle relevée d’heure en heure, veillerait sur ses camarades. Rien d'inquiétant n’était venu troubler leur sommeil, mais le soleil couché, ils furent réveillés par des rugissements terribles venant de tous les côtés à la fois»

Le vieux maître, qu’ils avaient désigné comme chef, leur dit : «Mes enfants, il faut m'écouter sinon, avant une heure et malgré nos fusils, nous serons tous dévorés par les lions et les tigres… prenez des haches , coupez du bois tant que vous pourrez, il nous faut faire de grands feux toute la nuit car les bêtes féroces en ont une grande peur. C’est ainsi que les Indiens les éloignent de leurs campements.»

Les marins à la recherche d'approvisionnement rencontrent «des arbres couverts de singes , il y en avait des centaines, de toutes grosseurs… Ces singes paraissaient se régaler avidement de très beaux fruits qui se trouvaient à la cime des arbres» Les marins voulaient tirer sur les animaux pour ne pas avoir à leur disputer la nourriture si proche. «C’est un mauvais moyen dit le vieux chef, vous allez voir qu’ils vont nous épargner toute peine.» Disant cela, il prit une pierre qu’il lança au milieu des arbres, aussitôt les singes se mirent à leur renvoyer avec une grande adresse une véritable grêle de fruits qu’ils n'eurent plus qu'à ramasser.

Plus tard, ils entendirent des beuglements et un formidable rugissement. A deux cents pas d’eux, un lion colossal venait de bondir au milieu d'un troupeau de buffles. Il fuyait maintenant emportant dans sa puissante gueule un jeune veau qui ne paraissait pas le gêner plus qu'une souris dans la gueule d’un chat. Mais la mère buffle le poursuivit, les naseaux au sol, les cornes en avant. Elle atteignit le lion, le lança en l’air et au moment où il retombait, acheva de l’éventrer et le piétina avec fureur. La mère alla ensuite à son veau et se mit à le lécher en poussant de petits mugissements de joie.

«Tout cela est bien beau et très touchant, dit le vieux chef, mais il nous faut à manger ; le lion est un mauvais régal, mettons la sensibilité de côté ; c’est une brave bête que cette mère, mais nécessité fait loi, allons les enfants, visez bien et… feu»
A suivre…

mardi 2 décembre 2008

Sandy-Hook, le plus mystérieux des peintres de la marine

Le tant attendu Sandy-Hook, le plus mystérieux des peintres de la marine de Daniel Hillion vient de paraître aux éditions MDV-Maîtres du Vent. Il est disponible dans toutes les bonnes librairies.

En 1879, naissait à Paris le peintre de la marine le plus fécond de tous les temps. Georges ­Taboureau, connu plus tard sous le nom de Sandy-Hook, n’a que onze ans lorsqu’il réalise ses premiers dessins de bateaux. S’en suit une fringale de production qui ne le quittera plus jusqu’à sa mort en 1960.

En 1941, Pour le renouvellement de sa carte de peintre de la marine, il fait le point : « Messageries Maritimes depuis 33 ans, Chargeurs Réunis depuis 29 ans, Société Navale de l’Ouest depuis 9 ans, Compagnie Auxiliaire de Navigation depuis 10 ans, Compagnie Générale Transatlantique depuis 11 ans… ».
Mais Sandy-Hook a travaillé pour bien d’autres compagnies: Fraissinet, Compagnie Mixte, Paquet, Worms, Charles Le Borgne, Cunard, ­Canadian Pacific… et de nombreux chantiers navals : Penhoët, de la Loire, de la Gironde…
Ce livre vous embarque, depuis le carnet suisse de la jeunesse de l’auteur jusqu’aux années cinquante – en ne négligeant aucun des aspects de la vie de l'artiste (affichiste célèbre et camoufleur inconnu de bateaux pendant la Première guerre), pour une croisière d’un demi-siècle autour du monde en ricochant de compagnie en chantier, de bateau en bateau.
Dans ce livre, sont reprises la plupart des peintures de bateaux agressés réalisées pour les Messageries Maritime et réunis dans le rare La compagnie des Messageries maritimes et la guerre,
un ouvrage paru en 1921.

Au total, ce sont plus de 220 documents couleur et N&B qui sont présentés ici.

L’auteur, Daniel Hillion, longtemps journaliste à Ouest-France et au Marin, est un spécialiste reconnu de l’histoire des paquebots. Il a écrit de nombreux ouvrages dont le définitif France Norway et, toujours chez le même éditeur, La Fin de France, Sovereign of the seas et Mermoz. Il est coauteur de Cunard, les majestés de l’Atlantique et leurs concurrents, à paraître prochainement chez MDV. Chez d’autres éditeurs, il a publié, entre autres, La mer s’affiche et La montagne s’affiche, ses premières approches du monde des illustrateurs.
Depuis vingt ans, Daniel Hillion réunissait le matériel nécessaire à la réalisation de cet ouvrage, le premier consacré à Sandy-Hook, affichiste à ses yeux bien trop mésestimé.


lundi 1 décembre 2008

L’association Fécamp Terre-Neuve lance son site Internet

La page d’accueil du site de l'association Fécamp Terre-Neuve

Nos sommes toujours ravis d'apprendre que des passionnés d’histoire maritime ouvre un site pour donner plus de visibilité à leurs travaux. Et d'autant plus quand dans le groupe figurent des amis de notre blog comme Etienne Bernet, auteur du livre Les Cap-hornières qui vient de paraître aux éditions MDV Maîtres du Vent, ou Marie-Hélène Desjardins, conservateur en chef des musées de Fécamp.
L'association dont le but est de «maintenir vivants les liens entre Fécamp et l'archipel de Terre-Neuve» a été créée en 1991 pour faciliter la parution de l’ouvrage de Léopold Soublin, Cent ans de pêche à Terre-Neuve. Depuis, elle a développé de nombreuses activités éditoriales et pédagogiques autour de la Grande Pêche, en particulier au sein du Musée des terre-neuvas de Fécamp.

dimanche 30 novembre 2008

Pose de la première pierre pour la Cité des terre-neuvas à Fécamp

La soirée du 28 novembre 2008, la façade du futur musée est illuminée. (photo MHD)

Le bâtiment du temps de La morue normande.

C’est dans l’ancien bâtiment des Sécheries de la presqu’île (maintenant disparues) que s’installera, si les travaux avancent normalement, d’ici la fin 2010, le musée des Pêcheries -Cité des terre-neuvas de Fécamp. Devrait s'y installer, entre autres, l’actuel Musée de la pêche et des terre-neuvas qui se trouve sur le front de mer. Entre autres, car il semble que la mairie ait des projets plus ambitieux pour l'animation du Grand quai.

C’est cet après-midi, pendant que la Fête du hareng battait son plein que la première pierre de l'ensemble a été posée. Ce lieu de rassemblement du patrimoine maritime local ne fait pas que des heureux tant le montant de la facture paraît disproportionnée par rapport aux enjeux. Souhaitons bon courage à ceux à qui incombe la tâche de rendre l’endroit attractif.
De Jean-Pierre Rique, notre envoyé spécial à Fécamp.